Fondateurs

La compagnie l’instant même, créée juste avant l’an 2000, et sa directrice artistique
Anne Berelowitch, sont à l’origine de la création d’instant MIX. 
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Anne Berelowitch

En 2012, après une quinzaine d’années d’existence, et à la veille de ce tournant majeur dans son existence, la compagnie l’instant même s’est livrée à un bilan d’étape. En voici l’essentiel :

Depuis notre tout premier spectacle, musical et chorégraphique et essentiellement non verbal, la préoccupation est la même : à la suite de Pérec et de son concept d’infraordinaire, il s’agit de proposer un théâtre qui ne reposerait pas sur ce qui excède, dépasse, transperce l’ordinaire, mais au contraire sur un forage, une radiographie des états intermédiaires, des moments ordinaires, qui, à certains égards constituent l’essentiel de nos vies. D’un théâtre qui, révélant et réveillant chez le spectateur des strates enfouies de sensations, aurait l’ambition de le rendre à lui-même, à sa capacité d’éprouver pleinement le présent, l’instant même.

Voici, autour de quelques mots clés, les éléments essentiels qui sont devenus constitutifs de notre identité :

1°/ Observer, et raconter les gestes de la vie domestique ; ceux qu’accomplissent des humains rassemblés dans une brasserie pour déjeuner ; les rituels de l’amour et du désamour, de la solitude et de la vie familiale. Faire écho à ce qui, acteurs et spectateurs, nous est COMMUN, mais regardé autrement, ou d’assez près pour en révéler, selon les cas, la profondeur, la beauté, la cocasserie, l’absurdité, tel est le fil rouge qui guide notre démarche.

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2°/ Révéler l’ordinaire, en faire surgir l’étrangeté ou la poésie, passe par une démarche d’INVENTION FORMELLE prise en charge par chaque interprète au sein d’un cadre très précis, grâce à des répétitions au long cours. Ainsi peuvent surgir des codes de jeu nouveaux propres à chaque spectacle, accessibles à tous car ils se fondent sur les sensations de chacun et font l’objet d’une appropriation personnelle par chaque acteur.

3°/ Dès le départ, la MUSIQUE a été au cœur de notre langage. Qu’il s’agisse de mouvement chorégraphié, de la musicalité du texte, souvent écrit en vers ou en chansons, ou de musique instrumentale composée avant et pendant les répétitions, la musique est le vecteur du monde infra-verbal, de l’immédiat de la sensation.

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4°/ Dans toute la mesure du possible, nous favorisons un nombre élevé de comédiens, et la présence dans notre troupe de personnes dont le théâtre n’est pas le métier. Ainsi, le groupe, caractérisé par une grande MIXITÉ, se constitue sur d’autres bases que celle de la mise en oeuvre d’un savoir-faire préexistant. La pluralité des identités et des parcours, les différences dans le rapport que chacun établit entre son expérience de vie et l’objet théâtral à construire, favorisent l’invention d’un langage authentiquement propre à chaque spectacle, mais qui s’adresse naturellement à tous.

5°/ Rien de tout ce qui précède n’aurait de sens, et n’existerait, si notre travail théâtral n’était pas, avant tout, une affaire de PLAISIR. Plaisir, en travaillant avec les gens les plus divers, de construire ensemble une langue commune, qui nous parle de tout ce qui ne s’échange plus guère dans le cadre de nos vies sociales ; plaisir de s’emparer de différents registres, des plus abstraits au plus prosaïques, de raconter des histoires, de chanter des chansons, ou de s’attarder longuement sur le ralenti d’un geste ; plaisir, nous l’espérons, du spectateur, éprouvant, le temps d’un spectacle, la possibilité de laisser circuler ses émotions, sa mémoire, ses sensations, et de les partager avec d’autres.

6°/ Le théâtre est, par essence POLITIQUE, au sens originel et fondamental du terme. Mais sa capacité à interroger, voire à libérer, les consciences, à interpeller les fondements de la vie en commun, ne passe pas nécessairement par la présence dans les situations qu’il explore, de problématiques d’ordre social ou politique. Elle passe aussi, peut-être encore plus aujourd’hui, par le fait de réactiver une capacité à sentir , si souvent éteinte ou malmenée dans la vie de chaque jour, et de le faire par l’intermédiaire d’un COLLECTIF, dont l’existence même repose sur un échange intense et profond entre des personnes issues de parcours divers, réunies par une même exigence artistique au service d’une « histoire » à raconter.

Quelques créations

1998, Le suicidé, Nicolaï Erdmann,

« site specific », joué dans un squat d’artistes rue Bichat, vingt comédiens, cinq représentations dans les locaux et la cour de l’immeuble au milieu des spectateurs.

2000, Fenêtres,

création musicale et chorégraphique pour six comédiens, dessinant les parcours croisés d’individus seuls dans leurs appartements imaginairement superposés. Deux fois trois semaines de représentations à Paris, production Instant Même et Théâtre de l’Opprimé.

2002, Cafés,

texte et musique originale, huit tableaux chorégraphiques de couples, unis ou désunis, dans des univers de cafés à différents moments de la journée et de la semaine.
Dix-sept comédiens, dix représentations au Théâtre de Gennevilliers (dir. Bernard Sobel), production Théâtre et Ville de Gennevilliers.

2004, Une chambre à soi,

adaptation scénique de l’oeuvre de Virginia Woolf pour trois comédiennes, une trentaine de représentations dans le 92 et à Paris, production Ville de Saint-cloud, M Gennevilliers, et Instant Même.

2006, L’impromptu,

canevas original écrit autour des Acteurs de bonne foi de Marivaux, théâtre dans le théâtre, répétition dans la répétition, jeux de miroirs à l’infini entre réalité et fiction,
quinze comédiens, quinze représentations dans le 92 et à Paris, production Ville de Saint-Cloud et Instant Même.

2007, Au jardin du parfait amour,

d’après un inédit de Marguerite de Navarre, exploration ludique et poétique de la langue de la Renaissance. Spectacle joué notamment lors des nocturnes du Clos-Lucé.

2008 – 2012 Big Bang,

création originale de théâtre musical, bourse du CNL pour l’écriture, lauréat du concours « Influenscènes », lecture-pupitre au Théâtre du Rond-Point en 2009.
Création au Carré de Saint-Cloud en 2012, avec 20 artistes, comédiens, chanteurs, danseurs, et musiciens.