La fille et le hérisson

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La fille et le hérisson, Irina Subakov

Cette pièce en un acte a été écrite par la jeune auteure Irina Subakov, 26 ans, diplômée de l’Academy of Arts de Novi-Sad, partenaire d’instant MIX, dans le cadre d’une mobilité Europe créative menée en septembre 2016. Elle narre dans un style volontairement simple et proche du conte, un épisode de la vie d’une enfant de dix ans dans la périphérie d’une ville serbe.
Un soir, les parents de Mila s’aperçoivent de son absence. Affolés, ils la cherchent dans le quartier, plongé dans le noir car l’éclairage public ne fonctionne pas. Ils vont finalement découvrir leur fille, couchée en travers de la route pour protéger d’une mort certaine les hérissons qu’elle a apprivoisés dans le voisinage. À ses côtés, le cadavre ensanglanté de son préféré, Sonic.
Consignée dans sa chambre pour « réfléchir à ce qu’elle a fait », Mila va faire appel à son frère Luca, 12 ans, pour aller enterrer dignement le petit animal, puis chercher sur internet comment s’occuper des bébés hérissons, quand ils se seront aperçus que Sonic était une femelle et qu’elle portait des petits.
Obligée de se soumettre à un entretien avec une psychologue peu perspicace, Mila va feindre d’avoir renoncé à son obsession, afin d’obtenir à nouveau le droit de sortir, et se livrer avec son frère à une protestation haute en couleurs destinée à sensibiliser toute la population du quartier à la protection des petits animaux.…

La fable est vraiment racontée à hauteur d’enfant. Les adultes y sont bienveillants et normalement empathiques, mais incapables de saisir l’importance vitale que leur enfant accorde à la survie des hérissons ; elle aborde sans s’appesantir et avec beaucoup de justesse les malentendus, aux conséquences parfois tragiques, qui peuvent s’insinuer entre les adultes les mieux intentionnés et leurs enfants. Ici , pas de caricature, et une fin suffisamment ouverte et heureuse pour donner à réfléchir sans inquiéter. Sans cesser de faire entendre la voix raisonnable des parents, qui s’alarment à juste titre du comportement de leur fille, Irina Subakov laisse également entendre qu’il peut être important de s’opposer, même lorsqu’on est un enfant, à la logique sociale dominante, pour une cause juste : défendre et protéger les êtres les plus fragiles.